Une nouvelle molécule prometteuse

Une nouvelle molécule prometteuse pour lutter contre le cancer de la peau

Sciences et Avenir avec AFP

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Ce composé pourrait bien être un nouvel allié dans la lutte contre le cancer. Régression des tumeurs et diminution des risques cardiaques, elle affiche déjà des résultats encourageants.

En 2012, 11.176 nouveaux cas de mélanomes étaient recensés en France. © MYCHELE DANIAU / AFPEn 2012, 11.176 nouveaux cas de mélanomes étaient recensés en France. © MYCHELE DANIAU

ESPOIR. Des chercheurs strasbourgeois ont mis au point une molécule anticancéreuse prometteuse à partir d’un composé naturel, la flavagline. Testée sur des souris atteintes de mélanomes métastasés, stade auquel le pronostic vital est souvent engagé, elle a retardé la croissance des tumeurs sans entraîner d’effets secondaires, a expliqué Laurent Désaubry, directeur de recherche au CNRS et chercheur en chimie médicinale à la faculté de pharmacie de Strasbourg. La molécule a également prolongé l’effet des médicaments anticancéreux, d’ordinaire limité à six mois/un an et diminué les risques de complications cardiaques, effets secondaires redoutables des chimiothérapies actuelles. Ces résultats, obtenus en collaboration avec une équipe de l’Institut de cancérologie Gustave-Roussy de Villejuif, ont été publiés dans la revue Nature en 2014.

La flavagline, une molécule anti-cancer tirée de l’écorce d’un arbre

La molécule de tous les espoirs a pour base la flavagline, naturellement présente dans l’écorce des arbres du genre Aglaia, originaires d’Asie du Sud-est. Utilisée par l’arbre comme insecticide – elle tue les larves qui le rongent – elle l’est aussi depuis longtemps dans la pharmacopée traditionnelle chinoise. L’équipe de Laurent Désaubry s’est emparé du composé et a synthétisé en laboratoire une forme modifiée plus agressive. « On a amélioré le produit naturel pour qu’il soit plus efficace et pour que la tumeur ne puisse plus s’en débarrasser« , a expliqué le Dr Désaubry. Les premiers résultats ont déjà convaincu, puisque le chercheur s’est vu attribué 25.000 euros par la Fondation Arc pour la recherche sur le cancer. Pour autant, l’exploitation de médicaments à base de flavagline dans les services de cancérologie semble encore lointaine. « On ne pourra pas commencer d’essais sur l’homme avant au moins cinq ans« , a précisé le Dr Désaubry, soulignant le coût très élevé de ces procédures.

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