Le Sénat interdit les cabines de bronzage

Le Sénat interdit les cabines de bronzage contre l’avis du gouvernement

Par figaro iconlefigaro.fr – le 16/09/2015 (extrait du figaro santé)
Le Sénat a décidé d’interdire les cabines de bronzage artificiel d’ici à 2017 en raison de la nocivité des ultraviolets artificiels. De leur côté, les professionnels du bronzage «s’insurgent» de cette décision qui vise à tuer un secteur.

L’horizon serait-il en train de s’assombrir pour les cabines de bronzage? Dans la nuit de mardi à mercredi, les sénateurs ont voté l’interdiction des cabines de bronzage à ultraviolets dès 2017. Une décision argumentée par la dangerosité des UV artificiels sur la santé des utilisateurs. Pour appuyer le vote de cet amendement, le sénateur Jean-François Longeot (UDI-UC) a insisté sur les risques causés par les UV artificiels sur l’homme. «Le rôle nocif de ces cabines, dans l’apparition des cancers de la peau, est scientifiquement établi par le Centre international de recherche sur le cancer».

L’organisme dépendant de l’OMS classe effectivement les cabines à UV comme «cancérogènes certains pour l’homme» et démontre une augmentation de 75% du risque de mélanome pour les personnes ayant commencé les UV avant 30 ans. En France, on estime que 76 décès pourraient être liés à l’utilisation des cabines de bronzage chaque année selon l’Institut de veille sanitaire (InVS). L’institut estimait par ailleurs que si rien n’était fait pour limiter l’accès aux cabines de bronzage, les UV artificiels pourraient causer 500 à 2.000 décès d’ici 30 ans. Le ministère de la Santé rappelle en outre que «la pratique du bronzage en cabine est fortement déconseillée par l’Institut national du cancer».

Le débat sur les danger des cabines à UV n’est cependant pas nouveau. Au début de l’année, une enquête du magazine «60 millions de consommateurs» demandait leur interdiction tout en dénonçant le «laxisme» des centres de bronzage qui ne mettraient pas en garde les utilisateurs face aux risques encourus. Malgré un renforcement de la législation à la fin de l’année 2013 sur l’utilisation et l’encadrement de l’activité des centres, désormais obligés de mettre en garde les populations à risque et de ne pas faire de publicité, l’enquête du magazine révélait que 80% des clientes mystères à risque avaient pu accéder à une cabine à UV sans précaution particulière.

Un vote contre l’avis du gouvernement

Examiné dans le cadre de la loi santé présentée par la ministre de la Santé Marisol Touraine, l’amendement va à l’encontre de l’avis du gouvernement et n’a que peu de chance d’être confirmée par les députés lors du retour du texte devant l’Assemblée nationale. Durant l’examen de la loi, Marisol Touraine s’interrogeait sur l’intérêt d’une interdiction des cabines à UV malgré leur nocivité reconnue et «l’augmentation des mélanomes». La ministre rappelait que le projet de loi améliorait la situation actuelle en interdisant «les forfaits illimités, la mise à disposition des cabines à domicile, leur vente à des particuliers» et en favorisant «la formation des professionnels».

Mais cette interdiction a fait ressurgir la colère des professionnels du secteur qui se mobilisent face à cette menace pour leur activité. Dans un communiqué, le Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine (SNPBC) «s’insurge de l’adoption» de cet amendement et accuse le Sénat de «vouloir décréter la mort du secteur» employant 22.000 personnes. Le SNPBC dénonce aussi la fausse raison avancée sur les risques de santé publique expliquant que cette interdiction vise à promouvoir les médecins spécialisés dans les actes de beauté qui seraient alors «seuls à proposer des prestations de bronzage sous couvert d’actes thérapeutiques».

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