Archives mensuelles : octobre 2015

Un nouveau vaccin pour détruire le mélanome

Un vaccin sur-mesure pour détruire le mélanome

Le mélanome, le plus redoutable des cancers de la peau, se forme bien souvent à la suite d’une accumulation de mutations génétiques provoquées par l’exposition au soleil. Une équipe de recherche américaine a mis au point trois vaccins expérimentaux, personnalisés, qui ciblent spécifiquement ces mutations pour détruire les cellules cancéreuses. Les résultats, prometteurs, devraient être prochainement confirmés sur d’autres patients.

Par Léa Galanopoulo

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Un vaccin sur-mesure pour détruire le mélanome

Trois vaccins, personnalisés pour trois patients, ont été élaborés par une équipe de chercheurs de l’université de Saint-Louis aux Etats-Unis, en 2013. Un traitement « sur-mesure » contre une forme grave de cancer de la peau : le mélanome. Le but de ce vaccin thérapeutique est de stimuler le système immunitaire du malade, pour le forcer à détruire uniquement les cellules cancéreuses. Pour mettre au point cette injection, dont la composition est propre à chaque cancer, les chercheurs ont analysé les tumeurs de trois patients, « souffrant de mélanomes à un stade avancé, avec un risque élevé de récidive après intervention chirurgicale« , précise l’étude.

Qu’est ce qu’un vaccin thérapeutique ?

Contrairement aux vaccins classiques dits « préventifs », le vaccin thérapeutique n’a pas pour vocation de prévenir l’apparition d’une maladie, mais bien de contribuer à sa guérison en stimulant le système immunitaire, qui cible normalement les cellules étrangères à l’organisme. Or, les cellules cancéreuses ne sont pas réellement reconnues comme « étrangères » et sont donc épargnées par le système immunitaire. Le but du vaccin est donc de multiplier les cellules immunitaires, pour qu’elles aillent détruire les tumeurs visées.

L’ADN des cellules cancéreuses a été séquencé pour mettre en évidence les mutations responsables de chaque cancer. Ces anomalies génétiques témoignent notamment de l’exposition au soleil des malades. C’est à partir de l’identification et de la localisation de ces mutations que les chercheurs ont pu concevoir la composition de leur vaccin immunothérapeutique. La cible du traitement : les néo-antigènes, des protéines nouvelles, qui apparaissent à la surface des tumeurs lors de leur formation. « Une manière de voir les néo-antigènes est d’imaginer des petits drapeaux à la surface des cellules cancéreuses attirant l’attention du système immunitaire« , précise le Dr Beatriz Carreno, professeure à l’université de Saint-Louis.

Tous les patients en rémission

« Chez un patient atteint de mélanome, il peut y avoir des centaines de drapeaux. Le défi est d’identifier l’unique drapeau qui sera le plus susceptible de provoquer une forte réaction immunitaire contre le cancer « , ajoute-elle. La seconde étape a donc consisté à faire le tri entre tous ces néo-antigènes. Au final, trois cibles par patient ont été retenues, des protéines pour lesquelles le système immunitaire a naturellement l’action la plus marquée. Pour détruire le maximum de cellules cancéreuses, le vaccin doit viser le plus d’antigènes possibles.

Après trois injections du vaccin, tous les patients étaient en rémission, selon les conclusions de l’essai clinique publiées le 2 avril dans la revue Science. Aucun effet secondaire grave n’a par ailleurs été observé. Des résultats « encourageants » selon les chercheurs, qui rappellent que le nombre de mélanomes cutanés a été multiplié par huit en 40 ans. La « qualité de la réponse immunitaire » est également mise en avant. En effet, au delà de son action sur la tumeur, le vaccin a augmenté et diversifié le nombre de lymphocyte T dans l’organisme, des cellules essentielles du système immunitaire.

Si ce vaccin est un pas de plus dans l’avancée des thérapies personnalisées, son efficacité à long terme reste à démontrer. Un second essai clinique devrait démarrer prochainement, sur 6 nouveaux patients. Pour les chercheurs, cette technique pourrait s’élargir à d’autres cancers qui présentent des taux élevés de mutations, comme le cancer du poumon ou de la vessie.

Source : A dendritic cell vaccine increases the breadth and diversity of melanoma neoantigen-specific T cells. B. Carreno et al. Science, avril 2015. DOI: 10.1126/science.aaa3828

Une nouvelle molécule prometteuse

Une nouvelle molécule prometteuse pour lutter contre le cancer de la peau

Sciences et Avenir avec AFP

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Ce composé pourrait bien être un nouvel allié dans la lutte contre le cancer. Régression des tumeurs et diminution des risques cardiaques, elle affiche déjà des résultats encourageants.

En 2012, 11.176 nouveaux cas de mélanomes étaient recensés en France. © MYCHELE DANIAU / AFPEn 2012, 11.176 nouveaux cas de mélanomes étaient recensés en France. © MYCHELE DANIAU

ESPOIR. Des chercheurs strasbourgeois ont mis au point une molécule anticancéreuse prometteuse à partir d’un composé naturel, la flavagline. Testée sur des souris atteintes de mélanomes métastasés, stade auquel le pronostic vital est souvent engagé, elle a retardé la croissance des tumeurs sans entraîner d’effets secondaires, a expliqué Laurent Désaubry, directeur de recherche au CNRS et chercheur en chimie médicinale à la faculté de pharmacie de Strasbourg. La molécule a également prolongé l’effet des médicaments anticancéreux, d’ordinaire limité à six mois/un an et diminué les risques de complications cardiaques, effets secondaires redoutables des chimiothérapies actuelles. Ces résultats, obtenus en collaboration avec une équipe de l’Institut de cancérologie Gustave-Roussy de Villejuif, ont été publiés dans la revue Nature en 2014.

La flavagline, une molécule anti-cancer tirée de l’écorce d’un arbre

La molécule de tous les espoirs a pour base la flavagline, naturellement présente dans l’écorce des arbres du genre Aglaia, originaires d’Asie du Sud-est. Utilisée par l’arbre comme insecticide – elle tue les larves qui le rongent – elle l’est aussi depuis longtemps dans la pharmacopée traditionnelle chinoise. L’équipe de Laurent Désaubry s’est emparé du composé et a synthétisé en laboratoire une forme modifiée plus agressive. « On a amélioré le produit naturel pour qu’il soit plus efficace et pour que la tumeur ne puisse plus s’en débarrasser« , a expliqué le Dr Désaubry. Les premiers résultats ont déjà convaincu, puisque le chercheur s’est vu attribué 25.000 euros par la Fondation Arc pour la recherche sur le cancer. Pour autant, l’exploitation de médicaments à base de flavagline dans les services de cancérologie semble encore lointaine. « On ne pourra pas commencer d’essais sur l’homme avant au moins cinq ans« , a précisé le Dr Désaubry, soulignant le coût très élevé de ces procédures.

Le Sénat interdit les cabines de bronzage

Le Sénat interdit les cabines de bronzage contre l’avis du gouvernement

Par figaro iconlefigaro.fr – le 16/09/2015 (extrait du figaro santé)
Le Sénat a décidé d’interdire les cabines de bronzage artificiel d’ici à 2017 en raison de la nocivité des ultraviolets artificiels. De leur côté, les professionnels du bronzage «s’insurgent» de cette décision qui vise à tuer un secteur.

L’horizon serait-il en train de s’assombrir pour les cabines de bronzage? Dans la nuit de mardi à mercredi, les sénateurs ont voté l’interdiction des cabines de bronzage à ultraviolets dès 2017. Une décision argumentée par la dangerosité des UV artificiels sur la santé des utilisateurs. Pour appuyer le vote de cet amendement, le sénateur Jean-François Longeot (UDI-UC) a insisté sur les risques causés par les UV artificiels sur l’homme. «Le rôle nocif de ces cabines, dans l’apparition des cancers de la peau, est scientifiquement établi par le Centre international de recherche sur le cancer».

L’organisme dépendant de l’OMS classe effectivement les cabines à UV comme «cancérogènes certains pour l’homme» et démontre une augmentation de 75% du risque de mélanome pour les personnes ayant commencé les UV avant 30 ans. En France, on estime que 76 décès pourraient être liés à l’utilisation des cabines de bronzage chaque année selon l’Institut de veille sanitaire (InVS). L’institut estimait par ailleurs que si rien n’était fait pour limiter l’accès aux cabines de bronzage, les UV artificiels pourraient causer 500 à 2.000 décès d’ici 30 ans. Le ministère de la Santé rappelle en outre que «la pratique du bronzage en cabine est fortement déconseillée par l’Institut national du cancer».

Le débat sur les danger des cabines à UV n’est cependant pas nouveau. Au début de l’année, une enquête du magazine «60 millions de consommateurs» demandait leur interdiction tout en dénonçant le «laxisme» des centres de bronzage qui ne mettraient pas en garde les utilisateurs face aux risques encourus. Malgré un renforcement de la législation à la fin de l’année 2013 sur l’utilisation et l’encadrement de l’activité des centres, désormais obligés de mettre en garde les populations à risque et de ne pas faire de publicité, l’enquête du magazine révélait que 80% des clientes mystères à risque avaient pu accéder à une cabine à UV sans précaution particulière.

Un vote contre l’avis du gouvernement

Examiné dans le cadre de la loi santé présentée par la ministre de la Santé Marisol Touraine, l’amendement va à l’encontre de l’avis du gouvernement et n’a que peu de chance d’être confirmée par les députés lors du retour du texte devant l’Assemblée nationale. Durant l’examen de la loi, Marisol Touraine s’interrogeait sur l’intérêt d’une interdiction des cabines à UV malgré leur nocivité reconnue et «l’augmentation des mélanomes». La ministre rappelait que le projet de loi améliorait la situation actuelle en interdisant «les forfaits illimités, la mise à disposition des cabines à domicile, leur vente à des particuliers» et en favorisant «la formation des professionnels».

Mais cette interdiction a fait ressurgir la colère des professionnels du secteur qui se mobilisent face à cette menace pour leur activité. Dans un communiqué, le Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine (SNPBC) «s’insurge de l’adoption» de cet amendement et accuse le Sénat de «vouloir décréter la mort du secteur» employant 22.000 personnes. Le SNPBC dénonce aussi la fausse raison avancée sur les risques de santé publique expliquant que cette interdiction vise à promouvoir les médecins spécialisés dans les actes de beauté qui seraient alors «seuls à proposer des prestations de bronzage sous couvert d’actes thérapeutiques».

Le jus d’orange et le pamplemousse augmenteraient la sensibilité au soleil et le risque de mélanome

Agrumes et soleil ne feraient pas bon ménage

Par figaro iconDelphine Chayet – le 01/07/2015 (extrait du figaro santé)
Pamplemousse et orange contiennent des composés organiques qui augmenteraient le risque de mélanome cutané.

L’exposition au soleil ou au rayonnement UV des cabines de bronzage est le principal facteur de risque du mélanome cutané, un cancer qui tue plus de 1 500 Français chaque année. Mais une étude américaine publiée lundi montre pour la première fois que le phénomène peut être accru par l’ingestion d’agrumes – plus précisément de pamplemousse et de jus d’orange frais.

Les auteurs, qui présentent leurs résultats dans le très sérieux Journal of Clinical Oncology, ont observé un lien entre la consommation fréquente de ces fruits et l’apparition d’un mélanome. «Si cette corrélation est intrigante, il est trop tôt pour changer les recommandations alimentaires, précisent les chercheurs (Brown University, Providence). En attendant d’autres données scientifiques, il faut continuer à protéger notre peau du soleil.»

Les psoralènes en cause

L’étude a été menée auprès de plus de 100.000 Américains, infirmières et professionnels de santé, dont le mode de vie, les habitudes alimentaires et l’histoire médicale ont été décortiqués pendant vingt-six ans. Durant cette période, 1 840 participants se sont vu diagnostiquer un mélanome. Le risque s’est avéré de 36 % plus élevé chez les personnes consommant des agrumes plus de 1,6 fois par jour, par rapport à ceux qui en prenaient moins de deux fois par semaine. Le phénomène était plus prononcé chez les mangeurs de pamplemousse. Un résultat significatif, que le Dr Khaled Ezzedine, dermatologue au CHU de Bordeaux, relativise toutefois: «Dans l’absolu, le risque reste très modeste. De plus, son aggravation concerne uniquement les blonds et les roux, une population plus vulnérable aux effets des rayons ultraviolets.»

Les auteurs expliquent leur découverte par la forte présence de psoralènes dans les agrumes. Ces composés organiques sont connus pour leur effet sensibilisant aux rayons ultraviolets impliqués dans l’apparition du cancer de la peau. Une propriété d’ailleurs utilisée en dermatologie pour traiter certaines maladies, comme le psoriasis. Dans l’étude, l’augmentation du risque de cancer est ainsi observée sur les parties découvertes: tête, bras et cou. Elle est plus marquée chez les personnes sensibles aux coups de soleil dans l’enfance, mais aussi celles qui ont passé plus de temps à s’exposer. Enfin, aucune corrélation n’est retrouvée entre les agrumes et d’autres types de tumeurs.

Protéger sa peau

«L’exposition solaire reste bien le principal facteur de risque de mélanome», analyse le Dr Khaled Ezzedine, insistant sur l’importance de protéger sa peau dans les deux heures qui suivent la consommation de fruits riches en psoralène et de diversifier les sources de vitamines. Pour le dermatologue, il est cependant important de continuer à promouvoir le pamplemousse et l’orange, dont les bénéfices sur la santé sont démontrés. Ces agrumes ont notamment un effet protecteur contre les maladies cardio-vasculaires et certains cancers.

Quoi qu’il en soit, le lien entre agrumes et mélanome demande à être confirmé par une étude en population générale. Dans un éditorial accompagnant ces résultats, le Dr Marianne Berwick, dermatologue, remarque que les professionnels de santé sont certainement plus attentifs aux lésions cutanées que le grand public. Les chercheurs précisent encore qu’ils vont poursuivre leurs investigations afin de comprendre pourquoi d’autres légumes riches en psoralènes, comme les panais ou les carottes, n’ont pas le même effet négatif que les pamplemousses.

évolution convention AERAS

Depuis des mois nous vous alertions sur notre volonté de faire amender la loi santé afin de mieux encadrer la convention AERAS et de donner plus de droit aux malades de cancer, dont le droit à l’oubli c’est à dire le droit de ne plus déclarer son cancer.

L’association Rose (éditrice du journal Rose Magazine) s’était alarmée des termes de cette nouvelle convention votée en mai dernier par le gouvernement, la Fédération française des Assureurs, la Ligue contre le cancer et le CISS, ne concédant le droit à l’oubli – pourtant promis par le Président de la République- qu’aux seuls anciens enfants malades (- de 15 ans). C’est à dire 1800 personnes. Une larme à côté des 350.000 nouveaux hommes et femmes qui apprennent, chaque année, qu’ils sont touchés par le cancer.

Nous avions présenté, l’été dernier, nos amendements Rose aux groupes sénatoriaux ; l’ensemble des groupes politiques du PC, au PS en passant par l’UDI, LR et EELV avaient repris et déposé ces amendements (rappel de la liste des amendements Rose déposés par les Sénateurs )

Le vote a eu lieu mardi 30 septembre, tard dans la nuit. Evidemment nous y étions et avons suivi l’ensemble des débats – qui furent animés !

Au terme de deux heures de débat, les amendements suivants ont été adoptés :

–       Droit à l’oubli 5 ans après la fin des traitements pour tous les malades ayant déclaré un cancer avant 18 ans.

–       Droit à l’oubli, 5 ans après la fin des traitements pour tous les cancers dit de « bon pronostics » dont la liste évoluera chaque année en fonction des chiffres de l’INCA. Aujourd’hui, cela concerne les malades de cancers du sein, de la prostate, des mélanomes, la thyroïde, le LLC, les testicules, Hodgkin et les cancers des lèvres. C’est à dire environ 140.000 nouvelles personnes par an. On peut raisonnablement penser que dans les mois à venir, un certain nombre de cancers dits « de pronostic intermédiaire » rejoindront cette liste au bénéfice des nouvelles statistiques auxquelles travaille l’Inca (Rapel de l’interview de Dr Jérôme Viguier, directeur du pôle de Santé publique et soins de l’Institut national du cancer).

–       Droit à l’oubli, 10 ans après la fin des traitements, pour tous les cancers quel que soit le diagnostic, la localisation.

–       Interdiction, dans les propositions d’assurance faites par les assureurs, de cumuler surprimes et exclusions.

–       Un certain nombre d’amendements techniques encadrant la grille de référence des surprimes afin de la rendre la plus contraignante possible.

Nous avons donc gagné de 5 à 10 ans selon les cas, sur ce qu’avait concédé la convention AERAS de mai dernier (le droit à l’oubli 15 après la fin des traitements quel que soit le cancer). Notez bien que cette notion de traitements n’incluent pas l’hormonothérapie : cela signifie que même sous hormono une femme pourra calculer la fin officielle des traitements à la dernière chimio, dernière radiothérapie ou opération, selon les protocoles.

Pourquoi ce choix de 5 et 10 ans ? Pourquoi cet élément de « bon pronostic » ?

Un amendement ne peut se déposer que sur un projet de loi écrit par le gouvernement et s’articuler autour de ce projet. En l’espèce, il s’agissait de l’Article 46 bis inscrit dans la loi santé qui établissait un « droit à l’oubli » 5 ans après la fin des traitements pour les seuls enfants de moins de 15 ans.

A partir de cet amendement, nous avons demandé que ce droit soit étendu à tous les malades qui avaient des pronostics de cancer au moins égal à celui des enfants, c’est à dire des taux de survie au moins égal à 80% (la limite du bon pronostic). Il s’agit d’une mesure qui évite une discrimination entre les citoyens.

Concernant les malades de cancer de moins bon pronostic (inférieur à 80% de survie à 5 ans) nous avons plaidé que les études épidémiologiques en France se situe à 5 et 10 ans après le diagnostic – passé 10 ans, il n’y a plus d’études à grande ampleur puisque (selon le rapport RAPSurvie 10) « la survie à 10 ans est un indicateur fiable de la guérison ». Dés lors que l’INCa argue que 10 ans est un indicateur fiable de la guérison pourquoi imposer une limite de droit à l’oubli à 15 ans ?

Nous qui sommes aussi des malades, nous sommes conscients que 10 ans c’est mieux que 15, mais que cela reste encore bien long lorsqu’on a besoin d’emprunter ! Nous sommes déjà en train de réfléchir (et nous réfléchirons avec toute la communauté Rose) à la création d’une solution de la communauté vers la communauté. Nous vous en parlerons dés novembre : si les solutions ne viennent pas à nous, nous créerons des solutions !

 Et maintenant ?

Maintenant le combat continue ! Tout d’abord ce texte amendé sera soumis à un nouveau vote à l’Assemblée Nationale, et ce ne sera qu’à l’issue de ce vote que la loi sera effective. Nous avons un mois devant nous pour alerter le public : vous pouvez d’ores et déjà participer à notre manif en ligne en postant une vidéo « Pour souffrir ça suffit #droitaloublicancer » sur video.rosemagazine.fr (si vous avez des problèmes techniques n’hésitez pas à écrire à contact@rosemagazine.fr).

Vous pouvez également, si vous ne l’avez déjà fait, signer notre pétition (petition.rosemagazine.fr). Enfin nous vous alerterons sur des actions que nous comptons mener dans les semaines à venir (à suivre sur notre page facebook Rose magazine).

 

Céline Lis Raoux.

Mis à jour le 6 oct. 2015 ( extrait magazine Rose)

Immunothérapie, arme anti-cancer prometteuse

Sciences > Santé > Asco 2015 : l’immunothérapie, arme anti-cancer prometteuse
article extrait de Sciences et Avenir

Asco 2015 : l’immunothérapie, arme anti-cancer prometteuse

Sylvie Riou-Milliot

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Cette technique, fondée sur la réaction du système immunitaire, sera au cœur des communications du grand congrès annuel de cancérologie, qui vient de s’ouvrir à Chicago.

Test d'une molécule anti-cancer dans un laboratoire grenoblois. ©BONY/SIPATest d’une molécule anti-cancer dans un laboratoire grenoblois. ©BONY/SIPA

GRAND-MESSE. Cocorico de rigueur avant le démarrage de la grande conférence américaine annuelle sur le cancer de l’American Society of Clinical Oncology (Asco) qui se tient à Chicago du 29 mai au 2 juin 2015. Avec 30.000 spécialistes internationaux présents et près de 5.000 études présentées en cinq jours, la France est en première place pour les pays européens avec 450 communications attendues, suivie par l’Allemagne (408) et l’Italie (363).

Avant que ne démarre cette rencontre internationale des plus grands spécialistes de la discipline, parfaitement orchestrée par les multiples firmes pharmaceutiques, déjà quelques directions se dégagent. « Les armes anti-cancers sont de plus en plus complexes, administrées de plus en plus tôt, souvent sous forme d’associations, et sont aussi de plus en plus chères. » C’est ainsi que la présidente de l’Institut national français du cancer (Inca), le Pr Agnès Buzin, résumait la tendance du moment, quelques heures avant de s’envoler vers Chicago.

Dans les tuyaux des grands laboratoires, des molécules aux noms imprononçables (pembrolizumab, nivolumab, avelumab, pidizilumab, MPDL3280A, MEDI4736, MED10680…) s’accumulent, leurs mécanismes d’actions étant hypersophistiqués et leur coût souvent pharamineux (plusieurs dizaines de milliers d’euros par patient). Mais la principale star de l’Asco 2015 sera sans aucun doute l’immunothérapie, la dernière arme anti-cancer déjà remarquée aux précédents congrès de l’Asco.

L’immunothérapie consiste à « booster » le système immunitaire — les lymphocytes T — pour que ceux-ci s’attaquent encore plus efficacement aux cellules tumorales. Testée initialement dans le cancer de la peau à un stade évolué, l’immunothérapie a récemment confirmé son intérêt dans ces cancers graves de la peau (mélanomes), avec une étude internationale d’envergure à laquelle la France a participé.

Mais la peau n’est pas le seul organe à bénéficier de la force de frappe de cette stratégie. Des essais sont en cours sur d’autres localisations (vessie, ORL, colon, foie). Testées séparément dans un premier temps, les molécules sont d’ores et déjà associées entre elles. “More is better” (“plus est mieux”), aiment ainsi dire les Américains. De plus, ces traitements sont aussi administrés de plus en plus tôt.

EFFET DURABLE. Quand les premiers essais ont démarré voici deux à trois ans, les oncologues les réservaient aux patients présentant des cancers à des stades évolués, en dernier recours, en quasi-situation d’impasse. Aujourd’hui, ceux-ci sont prescrits à des stades bien moins évolués de la maladie. Enfin, le recul encore modéré de la pratique fait apparaître un effet qui semble durable : en effet, le système immunitaire une fois stimulé paraît “rééduqué” sur le long terme, sans qu’il soit nécessaire de maintenir les traitements au long cours.

Attention tout de même aux faux espoirs. L’immunothérapie ne fonctionne en moyenne que chez environ 30 % des patients et ces traitements ne sont pas dénués d’effets secondaires qui vont des simples nausées à des dysfonctionnements plus sévères de la thyroïde et du foie.

Par notre envoyée spéciale à Chicago, Sylvie Riou-Milliot.