Archives mensuelles : avril 2015

L’Australie a interdit les cabines UV

L’Australie a interdit les cabines UV depuis le 1er janvier

En Australie, près de 11 000 mélanomes sont diagnostiqués chaque année. Les cabines UV seraient
en partie responsables de ces mélanomes. L’Australie a donc décidé, comme le Brésil en 2009,
d’interdire les cabine UV depuis le 1er janvier.

L’avis du Président du Syndicat des dermatologues, interrogé par France TV info :

Francetv info : La législation française concernant l’utilisation des cabines UV est-elle suffisante ?  

Luc Sulimovic : Non. L’idéal serait d’interdire l’usage des cabines de bronzage. Nous déconseillons fortement l’exposition aux UV artificiels que ce soit dans un solarium ou à la maison par l’utilisation de lampes. L’augmentation des cancers de la peau est un problème de santé publique dont le ministère de la Santé doit s’emparer.

D’autant que les campagnes de prévention aux risques des UV naturels et artificiels sont insuffisantes par rapport à des pays comme l’Australie où le cancer de la peau est un enjeu majeur de santé publique depuis des années. L’Australie est très en avance sur le sujet, les autorités sanitaires militent de longue date pour informer le public des dangers qu’il y a à s’exposer au soleil ou aux cabines de bronzage, via de nombreuses campagnes de prévention. 

Quels sont les dangers des cabines UV ?

Aller régulièrement en cabine de bronzage accroît les risques de cancer de la peau. Qu’elle soit naturelle ou artificielle, l’exposition aux UV est dangereuse et peut provoquer des mélanomes. Nous sommes déjà suffisamment exposés aux UV naturels. Il est donc inutile et dangereux de s’imposer une exposition supplémentaire, car c’est cette accumulation des expositions qui donne le cancer.

Les cabines de bronzage provoquent un comportement addictif qui pousse à multiplier les séances. Et plus les personnes commencent tôt, plus les risques sont importants. Une étude, menée aux Etats-Unis, a montré que si un adolescent prend l’habitude de faire des UV, il s’exposera à l’âge adulte beaucoup plus que les autres aux UV naturels et artificiels.

La France, comme l’Australie, est touchée depuis plusieurs années par une augmentation des cas de cancer de la peau… Comment peut-on l’expliquer ?

Les cancers de la peau sont en augmentation exponentielle car les gens s’exposent de plus en plus sans avoir conscience des risques. Au 19e siècle, les femmes ne voulaient pas être bronzées parce que le bronzage était lié aux professions ouvrières et aux métiers des champs. Dorénavant, être bronzé signifie avoir les moyens de partir en vacances. Ces codes sociaux ont la vie dure.

Les personnes veulent bronzer le plus possible sur un temps court. Ils vont en cabine de bronzage ou s’exposent intensivement lorsqu’ils sont en vacances, au risque de prendre des coups de soleil. Il vaut mieux s’exposer progressivement, et se protéger avec de la crème solaire, des habits, des lunettes et des chapeaux, tout en prenant soin d’éviter le soleil entre 11 et 16 heures.

Sommes-nous tous égaux face aux risques d’exposition aux UV ?

Non, chaque personne possède un “capital soleil” différent défini par ses gènes, sa couleur de peau, ses yeux… Il correspond à la dose d’UV que la personne peut tolérer tout au long de sa vie sans courir de risque. Les peaux foncées ont par exemple un capital soleil très élevé et sont beaucoup moins exposées aux risques de cancer de la peau.

Si l’Australie enregistre un si grand taux de mélanomes c’est avant tout parce que dans ce pays très ensoleillé, la majorité de la population est d’origine anglo-saxonne, avec une peau claire, donc plus sensible aux rayons du soleil.

Le mélanome

Qu’est-ce qu’un mélanome?

 C’est un cancer de la peau développé à partir de cellules appelées mélanocytes. Il est aussi appelé dans le langage courant « mélanome malin« .
Peu fréquent par rapport aux autres cancers cutanés (les carcinomes) , le mélanome est le cancer de la peau le plus grave. Toutefois, lorsqu’il est dépisté à un stade précoce, il peut être traité efficacement.  L’exposition aux rayons ultraviolets (soleil ou lampe UV) est le principal facteur favorisant sa survenue.

Le Mélanome en chiffres

C’est le cancer dont l’incidence est la plus importante en augmentant de 10% par an. Le nombre de nouveaux cas de mélanome cutané en 2014 est estimé à environ 11500. L’âge moyen du diagnostic d’un mélanome cutané est, en 2012, de 63 ans chez l’homme et 60 ans chez la femme.  Les spécialistes estiment qu’un français sur 10 nés en 2015 aura un mélanome.

Où se développe t-il?

Dans 70 à 80 % des cas, le mélanome survient de façon spontanée sur une peau saine.
Dans 20 à 30 % des cas, le mélanome est issu d’un ancien grain de beauté (nævus) qui se transforme en une tumeur maligne

Comment le reconnaître?

Il est important de procéder à un auto-examen et de consulter au moindre doute lors qu’apparaît une modification d’une lésion existante ou une lésion nouvelle qui ne disparait pas au delà d’un mois. Une personne qui a plus de 50 grains de beauté doit se faire examiner par un dermatologue au moins une fois par an.